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Billet d’humeur #21 février

Le bonheur de l’existence, cette course adulée par les sportifs mais regrettée de tout les autres, nous les boloss du cours de sport, les dispencé.e.s, les malades, les flemmards, ceux qui n’iront jamais loin mais s’en justifieront à chaque fois. La propreté et la fierté, s’accomplir et être heureux de son parcours, discipline plus que semblable à du patinage artistique : très beau, souvent à deux, mais vite casse gueule et tout le monde te jugera. Retourne dormir, aucune médaille n’attend les perdants et toi, tu en es un. Tu es ce mec qui s’est endormi en se changeant, encore au vestiaire, tandis que ses camarades auront le plaisir de savoir qui saute le plus loin. Sauter et courir, d’ailleurs, vous sera bien utile pour échapper au gérant enragé de l’épicerie que vous venez de voler. Manger, une belle activité, courir, seulement pour sa survie.

Je ne suis ni la voix du commentateur sportif de vos rêves ni l’athlète que tout le monde admire : même en n’essayant rien je reste dernière.

Alors peut-être vous tenterez-vous au hockey sur glace : après tout si Lisa Simpson y arrive pourquoi pas vous. Eh bien peut-être simplement parce que vous avez déjà du mal à tenir sur vos deux jambes et que vous aurez trop peur de vous bouffer le palet dans les dents : comme dans la vie vous resterez derrière la glace, faussement protéger de ce désir profond dont vous rêvez pourtant.

Peut-être la luge vous tentera-t-elle : douce glissade, sans danger, à observer les sapins et les lapins : mais ô, rapidement, la moindre bosse vous emporte, vous volez, atterrissez face contre terre et votre luge poursuit sa route, sans vous. Belle métaphore de Jean-Michel Sarcasme pour nous signifier que le plus petit changement peut vous foutre en l’air : restez accroché ou attendez-vous à les voir de plus près, ces sapins.

Alors je sais ! Pourquoi ne pas s’essayer au ski acrobatique ? Des bâtons, des ski, des figures incroyables : la puissance de l’égo, l’homme volant qui aime se venter : moi je sais skier ET faire le grand écart, en même temps ! Des étoiles pleins les yeux mais seulement un flocon à votre actif vous dévalez la piste, près du vide, vous vous apprêtez à faire votre plus beau salto quand vous vous souvenez que votre braguette est ouverte. Les caméras vous observent, les silences se pèsent, la terre vous regarde descendre vers l’oublie artistique mais la pérennité de la honte : pris de panique, vos skis se croisent, vous mangez plus de neige que nécessaire et, assommé au sol, regardez le ciel d’un air attendri : se concentrer sur les détails que les autres peuvent remarquer à votre propos, vous angoisser au point de préférer visiter la montagne de l’intérieur, vous laisser prendre par la panique car un centimètre de vous n’est pas parfait : voilà ce qui vous a mené à votre perte.

Finalement, le sport, c’est de la confiance en soi, de la pratique et du courage, un peu comme la vie en général : croyez en vous car personne ne le fera à votre place, essayez de nouvelles choses, cassez vous la gueule, c’est comme ça qu’on apprend.

Mais surtout, la prochaine fois, avant de tenter de le salto à skis, prenez des cours de gym.

Léa Pillot-Collin

2018-02-21

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